Une approche participative pour définir un plan de prévention pour le burn-out

La ministre des Affaires sociales et de la Santé publique, Maggie De Block, travaille avec diverses institutions concernées à une politique de prévention intégrée et coordonnée en matière d'affections mentales liées au travail, dont le burn-out.
Nicolas Claus

Le burn-out est une affection mentale très présente dans nos sociétés actuelles où le travail occupe une place centrale. Même s’il est encore parfois tabou d’en parler autour de soi, tout le monde a au moins un proche qui en souffre ou en a souffert. Il est donc important de renforcer les traitements qui existent mais aussi de proposer une réelle politique de prévention nationale.

La ministre des Affaires sociales et de la Santé publique, Maggie De Block, travaille avec diverses institutions concernées à une politique de prévention intégrée et coordonnée en matière d’affections mentales liées au travail, dont le burn-out. Dans ce cadre, Möbius a eu la chance de mener un projet ambitieux et avec une large portée sociétale : définir un plan de prévention intégré contre les affections mentales liées au travail. Une politique intégrée nécessite des actions et des projets à différents niveaux de prévention et d’intervention, mais aussi des initiatives plus globales. Pour le réaliser, Möbius a dû proposer une approche très originale que nous vous relatons ici. L’objectif de cet article est de mettre en lumière les 4 clés de succès principales pour mener à bien ce projet. Il n’a aucune prétention médicale ou de caractérisation de ce que sont les affections mentales liées au travail, sujet qui est très largement relaté dans les revues spécialisées.

 

Une approche systémique et multidisciplinaire pour prévenir le burn-out

Nous avons directement identifié que le critère principal de succès du projet résidait justement dans la grande complexité de la thématique. En effet, même s’il est établi que le burn-out apparaît dans le cadre du travail, il reste très compliqué de déceler son origine et il est un fait avéré que celle-ci est de nature systémique. Il est donc essentiel de prendre en compte différentes dimensions pour prévenir son apparition : la nature de la relation au travail, le modèle d’organisation et la culture liée au travail, et aussi la situation individuelle de la personne et de son entourage. Le champ d’action est donc très large. Ces différentes dimensions sont soulignées dans la vision à long terme pour la prévention du burn-out, et de toutes les affections mentales liées au travail, qui a été définie au début du projet (Figure 1).

Figure 1 : la « Vision » de la politique de prévention

Figure 1 : La « Vision » de la politique de prévention

 

Stimuler la participation tout au long du processus

Dès le démarrage du projet en janvier 2018, nous avons pris en compte la grande diversité d’acteurs impliqués et adapté un plan d’approche sur mesure. Différents types d’acteurs ont été contactés : Collaborateurs des institutions impliquées, médecins généralistes, psychiatres, médecins spécialistes, psychologues, coachs burn-out, représentants des mutuelles et compagnies d’assurance, le secteur RH, des managers, des représentants des services externes et internes pour la prévention au travail, universitaires, les partenaires sociaux,… Vu le nombre de points de vue différents sur le sujet, nous avons proposé des ateliers participatifs successifs en intégrant près de 200 acteurs de terrain et institutionnels dans la définition d’un plan de prévention. Ce plan de prévention est un éventail d’objectifs et d’actions devant permettre la réalisation de la vision définie précédemment. Une réelle co-création s’est mise en place et un réseau d’acteurs impliqués dans la problématique s’est formé. Les participants eux-mêmes ont été très contents de cette ouverture qui les a parfois aidés à rencontrer des acteurs complémentaires dans leur discipline. La Figure 2 explique de manière synthétique les grandes étapes du plan d’approche.

Figure 2 : Le plan d’approche sur mesure

Figure 2 : Le plan d’approche sur mesure

 

Figure 3 : Une approche participative

Figure 3 : Une approche participative

Un appel à projets pilotes et un outil dynamique pour stimuler l’intégration de différentes dimensions dans l’approche

Vu la synergie déployée, il aurait été dommage de proposer un résultat figé. C’est pour cette raison que nous avons proposé un outil dynamique, un canevas qui a été façonné au fur et à mesure des sessions participatives, en parallèle à la définition du plan de prévention.

Le canevas pour une prévention intégrée tient compte de toutes les dimensions différentes nécessaires à une politique de prévention intégrée des affections mentales liées au travail. Pour parvenir à une politique intégrée quant à la prévention et à l’approche des affections mentales liées au travail, l’intégration entre les différents niveaux de prévention et d’intervention est indispensable. Dans cette politique, l’individu est placé au centre. Raison pour laquelle notre canevas de prévention intégrée s’articule autour de toutes les phases de vie de l’individu, dans le cas où il développe une affection mentale liée au travail. Cet outil dynamique a été un outil majeur pour stimuler l’intégration des actions lors de l’appel à projets pilotes du 26 juin 2018. L’objectif de ces projets pilotes étant justement de concrétiser le plan de prévention, une approche intégrée et coordonnée est cruciale. Ces projets doivent faciliter la collaboration entre les différents acteurs et intégrer les différents niveaux de prévention et d’intervention, et de préférence aussi avec une approche coordonnée entre les différents acteurs. Nous espérons qu’à l’avenir, ce canevas sera encore utilisé dans la définition d’actions pour prévenir les affections mentales liées au travail (voir Figure 4).

Figure 4 : Canevas pour une prévention intégrée

Figure 4 : Canevas pour une prévention intégrée

 

La mise en place d’une Commission de Sélection neutre pour l’évaluation des projets pilotes

L’appel à projet pilote a été un franc succès. 77 propositions de projets ont été introduites : 52 projets transversaux (impliquant des consortiums regroupant plusieurs organisations) et 25 projets individuels (impliquant une seule organisation).

Möbius a mis en place une commission neutre composée de collaborateurs des institutions et d’universitaires pour réaliser la sélection des projets et l’évaluation de leurs résultats tout au long de l’année 2019. Nous avons de plus proposé une méthodologie de suivi qui prône l’auto-évaluation par les projets eux-mêmes pour que de réels résultats concrets puissent subsister à leur terme en décembre 2019. Après de longues discussions et l’application scrupuleuse d’une méthodologie objective, 12 projets ont été sélectionnés, qui proposent des actions pour différents secteurs et catégories professionnelles :

  • Les secteurs concernés par les projets pilotes sélectionnés sont les suivants :
    • Hôpitaux
    • Enseignement (sous réserve de l’accord des communautés)
    • Commercial
    • Non marchand
    • Grandes entreprises
    • PME
    • Construction
  • Les catégories professionnelles concernées par les projets pilotes sélectionnés sont les suivantes :
    • Employés
    • Ouvriers
    • Indépendants
    • Agents contractuels et statutaires du secteur public
    • Futurs travailleurs (quel que soit leur futur statut professionnel)

Si vous voulez davantage d’information concernant le contenu des projets sélectionnés, nous vous renvoyons au site du SPF où ces informations sont mises à jour : https://socialsecurity.belgium.be/fr/elaboration-de-la-politique-sociale/projets-pilote-prevention-integree-contre-le-burn-out

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